Christian MILLERET au Salon du livre d’Ile de France 2011

Christian Milleret a débuté au cabaret avant de pénétrer dans le monde des livres. Il a d’abord été auteur de poèmes et compositeur de musiques. Patrick Cauvin, qui fut son professeur de lettres au lycée, l’avait encouragé à se lancer dans l’écriture de romans.

 Après « Vas-y arrête ! » et « Tout ça pour des clous », « Le cœur qui tremble » vient de paraître.

Les héros de Christian Milleret sont un peu déjantés, un peu dépressifs, retranchés dans l’ironie souvent. Très frileux, trop couverts, passablement économes de sentiments, ils se dessanglent pourtant au fil des pages. Ce sont généralement des tricheurs, des personnages attachants cachés derrière un voile de dérision, une clôture fragile qui ne les protège d’aucune émotion.

Le truc de Milleret, c’est de les jeter un beau jour à la mer, de les laisser dériver, se débattre dans les remous du hasard. 

« Le coeur qui tremble »

 Lou se prétend grand reporter, mais en réalité, il trie des dépêche de l’AFP pour un mauvais journal. Il ment, il fabule pour rompre son ennui, et accessoirement pour séduire.

 » Zoé, une étudiante qui occupait une chambre de bonne au sixième étage me suivait à fond dans mes récits rocambolesques. De plus, elle m’inspirait. Sa candeur m’incitait à me surpasser. Un jour, je lui avais annoncé :
– Kaboul, mardi soir, je pars pour une semaine…
C’était l’effroi dans ses yeux qui m’avait plu. Cette fièvre, ce désir fou. Elle s’était jetée sur moi en arrachant mes vêtements et les siens comme si c’était la dernière fois. Derrière, il avait fallu gérer, s’organiser. Glisser le long des murs, risquer un regard à chaque angle avant de s’engager dans un nouvel axe. Je sortais le moins possible.
Aux heures critiques, je sautais la rampe du balcon pour éviter de la croiser au bas de l’escalier. Une fois chez moi, je me terrais. Les volets clos. Pas de lumière, pas de bruit, pas d’odeur. J’étais entré dans la vie exaltante d’une blatte. Je m’autorisais un peu de musique au casque, de lecture à la lampe torche. Je descendais des barquettes de taboulé enfermé dans la salle de bains. J’en avais bavé. « 
Et puis Lou va entrer dans la vraie vie, par l’intermédiaire de deux rencontres…

« Tout ça pour des clous »

« Il est deux heures du matin. Enzo, quarante ans, héritier d’une entreprise prospère, quitte Dieppe après un dernier coup d’œil à ses chevaux de course. Quatre heures, Zouber, vingt ans à peine, sort d’une boîte de nuit. Il ôte sa cagoule et range son revolver. Sans le savoir, ils se dirigent vers leur rendez-vous, le timing est parfait.»

Dans les romans de Christian Milleret, les personnages sont de faux cyniques et de véritables romantiques. Tricheurs irrémédiables, ils nous scotchent à leurs basques tout au long de leurs (més)aventures. Dans « Tout ça pour des clous », Enzo, quarantenaire désabusé à l’existence confortable et terne, perd le contrôle de son destin en heurtant celui d’un sale môme d’Argenteuil. Un blanc-bec hâbleur et violent, capable d’assener des vérités de vieux sage ou de débâcher une sensibilité à fleur de peau. On n’a plus envie de quitter ces deux-là, on crève d’envie de les avoir comme copains en vrai.
« Christian Milleret a le sens inné du rythme. Il trousse des dialogues qui font mouche, croque des personnages à grands traits. Surtout, il a le rire à fleur de plume. Son écriture regorge de vivacité, de trouvailles, de poésie, d’humour. Dans un style moins léger qu’il n’y paraît, il sait entraîner le lecteur avec
lui. On ne lui oppose aucune résistance. » (Olivier Quellier, Le Républicain Lorrain)

« Vas-y, arrête! »

« François Gudicelli est un magicien médiocre, un quadra tranquille qui, pour retrouver sa belle Hélène, remise au garage son Aston Martin, quitte ses habitudes, son cabaret parisien, abandonne son chien Flippo, ses deux lapins nains et s’engage dans les terres arides de la Casamance. Sur place, Mamadou, alias Bradley, un jeune Sénégalais aussi félin que malin, lui sert de guide dans un périple rigolard. Et attendrissant. Car on ne change pas d’habitudes si facilement, d’un claquement de doigts. Comme par magie. Et François devra mériter sa part de désert… »
Olivier Quelier, Le Républicain Lorrain

« […]C’est un sacré bon roman. Un roman […] dynamique, irrespectueux, poétique souvent, plein de vie et de rêves, le tout écrit dans une langue qui ne s’apprend pas mais que l’on parle toute son existence parce qu’elle est celle de votre enfance : facétieuse, populaire, une langue à lire avec dans la tête l’accent parigot, celui des banlieues à HLM… Bezons, Argenteuil, La Garenne… Milleret a le coup pour raconter une histoire : il a la distance, le regard pas dupe de l’acteur-spectateur, le sens de la formule, du gag… Je suis bien placé pour savoir qu’il n’a jamais dû être un grand amateur de classiques mais on retrouve dans ses pages cet air de liberté que transmettent les grands bousculeurs d’ordres établis : Vian, Queneau et quelques autres… […]»
Patrick Cauvin, préface.

Retrouvez Christian MILLERET sur son site : christianmilleret.com

 
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