La « grande dictée » 2013 : Une histoire de fromage…

Parmi les animations traditionnelles proposées aux visiteurs du Salon du livre et de la BD d’Ile de France, la « grande dictée » remporte toujours un indéniable succès.

Cette année, les candidats ont du déjouer les pièges d’un texte original d’Henri Girard, romancier contemporain, et c’est notre amie Marie-Jo qui a joué la maîtresse d’école avec sa maestria coutumière .

 Les trois premiers « de la classe » ont été :

Brigitte Chailloux, avec 1/2 faute

Yann Thibault avec 5 fautes

Sophie Surjus avec 7 fautes

 

Cette dictée vaut bien un fromage, sans doute. 

« Il est malaisé de parler du fromage de Brie dans son ensemble tant on en a dénombré de variétés. Toutes à pâte moelleuse, à croûte (ou croute) fleurie, au lait cru de vache, de circonférence et de poids assez proches, elles nécessitent une durée d’affinage d’environ quatre semaines, sans parler du savoir-faire, du tour de main du fabricant. Les plus cotées proviennent de Meaux et de Melun.  

Le brie de Melun est recouvert d’un feutrage blanc parsemé de stries rouge vif ou brunes. Si on le présente communément comme l’ancêtre de tous les bries, c’est toutefois la spécialité de Meaux qui a marqué l’histoire, grâce à Charlemagne. Après l’avoir goûtée (ou goutée), il aurait claironné : « Palsambleu ! Voilà bien le mets le plus exquis que j’aie jamais apprécié. »
Maints rois de France se gobergèrent de brie. Après que notre Roi-Soleil l’eut fait entrer à la cour, cinquante chariots (ou charriots) ou carrioles, chaque semaine, approvisionnèrent ses palais et gentilhommières.

Lors de la Révolution, le fromage des rois se mua en fromage du peuple. Dithyrambique devant un ralliement de sans-culottes, un gastronome l’encensa : « Adulé par le nanti et l’indigent, ce nanan a prêché l’égalité avant qu’on ne la soupçonnât possible. »

 En 1815 (à écrire en chiffres), pendant le congrès de Vienne, les démêlés s’éternisant, une dégustation de fromages fut décidée. Les plénipotentiaires dépêchèrent un coursier dans leurs pays afin qu’il allât quérir la meilleure de leurs spécialités : gouda, gorgonzola, cheddar… C’est le brie qui vainquit et qui fut hissé au rang de « prince des fromages ».

Une dernière chiquenaude, une ultime pichenette, fit vaciller et choir qui douterait encore de la notoriété du brie. Que croyez-vous que le corbeau de la fable tenait dans son bec ? Un morceau de coulommiers, une tranche d’emmenthal, un reblochon ? Que nenni ! Un bout de brie,  évidemment ! »

                                                                                  Henri Girard

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