« Les venins de la cour », le nouveau roman de Karin Hann

Après Althéa ou la colère d’un roi, après Les lys pourpres, Karin Hann nous propose aujourd’hui son troisième roman, Les venins de la cour.

Le Grand Siècle… Comment pouvais-je ne pas y revenir ? Vous avez été nombreux à me demander si j’allais écrire la suite d’ »Althéa »… C’est chose faite avec « Les Venins de la Cour », qui met en scène Eloïse, la fille de Mathieu et Althéa de Mergenteuil.

  1675… Les années ont passé et l’âge de mon héroïne coïncidait avec un épisode éminemment romanesque du règne de Louis XIV : l’affaire des poisons sur laquelle j’ai toujours eu envie d’écrire. Cette sordide histoire d’empoisonnement a atteint des proportions que l’on peine à concevoir. Effaré par son ampleur et surtout par l’implication des plus grands noms de France, le Roi a tenté de faire disparaître les preuves de ce scandale, mais en vain. Aujourd’hui, les historiens ont exhumé les documents consciencieusement archivés par le lieutenant de police La Reynie et l’on demeure sans voix lorsque l’on effectue des recherches sur le sujet. A cette époque,  Paris était aux mains des devineresses, avorteuses, prêtres apostats et empoisonneuses, lesquels exerçaient leurs talents partout et jusque dans l’entourage du Roi. Sous la férule de Colbert et de Louvois, Gabriel Nicolas de la Reynie prend la tête des opérations. La Chambre Ardente, tribunal d’exception créé spécialement pour cette affaire, condamne au bûcher à tour de bras. Mais sera-ce suffisant pour que le règne du Roi-Soleil ne soit à jamais entaché de ces horreurs ? Comme à l’accoutumée, je souhaitais que le sujet soit abordé par le biais d’une fiction romanesque pour mettre en scène les différentes facettes de cette affaire et en comprendre les rouages, à travers l’histoire d’une jeune aristocrate emportée dans la tourmente de tous ces crimes. « Althéa ou la colère d’un roi » évoquait la chute du surintendant Fouquet. On découvre, dans « Les Venins de la Cour », que du fond de sa geôle, ce dernier que l’on croyait enterré vivant est peut-être encore concerné par cette dangereuse affaire…

« Paris, février 1677

  Le froid intense qui s’était abattu sur Paris depuis la mi-décembre avait considérablement assaini les rues. Plus de boue dans laquelle les semelles collaient et les chariots s’embourbaient, plus d’odeurs nauséabondes : le contenu des seaux d’aisance que l’on balançait par les croisées gelait au sol  tout comme les immondices sur les bas-côtés. Seul le quartier des tanneurs dégageait toujours son odeur âcre et caractéristique, mais dans l’ensemble, la ville était plus praticable. L’arrivée de monsieur de la Reynie à la tête de la police avait aussi changé de façon significative la vie des parisiens. Paris était éclairé le soir, surveillé en permanence, et la criminalité reculait. Mendiants et tire-laines n’avaient bien sûr pas disparus, mais deux exempts et vingt archers contrôlaient au Châtelet les foires, les marchés et la sortie des églises tandis que l’on avait spécialisé la compagnie du lieutenant criminel -pas moins de cinq brigades !- dans la surveillance des faubourgs. Ceci avait fait l’objet de l’une des premières et très opportunes réformes de monsieur de la Reynie.    Pelotonnée au fond de sa voiture, Eloïse tremblait. » in « Les Venins de la Cour ».

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