Ludovic JANVIER au Salon du livre d’Ile de France à Mennecy

Repéré par Georges Lambrichs puis publié par Jacques Réda, poète, romancier et nouvelliste, Ludovic Janvier a reçu plusieurs prix de poésie ainsi que le Goncourt de la nouvelle. Proche de Beckett, il fut également le premier à lui consacrer deux essais, en 1966 et 1969.

La confession d’un bâtard du siècle, son premier livre chez Fayard, est également son premier récit ouvertement autobiographique. Bien qu’il ait à cœur de rappeler cette phrase de Jules Renard : « Dès qu’une vérité dépasse cinq lignes, c’est du roman »…

Ludovic Janvier sera présent au 3ème Salon du livre d’Ile de France qui se tiendra les 8 et 9 décembre prochains à Mennecy.

La confession d’un bâtard du siècle.

Sa mère est antillaise et il a hérité de son père inconnu un teint pâle et des cheveux clairs. « Vous êtes sûrs qu’il est de moi ? » Ce n’était pas un bon début. Après, pas de lait, alors nourrice, et hop, à la campagne tandis que sa mère restait à Paris. Quand elle reviendra le chercher, il ne l’appellera jamais maman mais « ma mulâtre ».
Dans la France en guerre, tantôt à Paris, tantôt en Gironde, bègue, en proie à des angoisses qui lui font salir sa culotte, il tâche de grandir, seul, ou même pas, car sa mulâtre absente quand ça lui chante essaie de temps en temps de lui faire croire qu’elle est sa mère. Mais s’il fait une bourde elle lui jure bien qu’elle lui pardonne, et lui promet un baiser pour qu’il s’approche à portée de gifle. Mulâtre et
traitresse.
Jeune homme il rêve d’être boxeur, on peut comprendre. Pourtant ce n’est pas la violence qui domine en lui. Un jour, à l’étude, ses devoirs achevés, le voilà qui reprend sa plume. Et il écrit. Jubilation de « se voir d’en haut ». Dès lors il sait qu’il ne sera plus jamais seul de la même façon. A côté de lui se tient sa propre voix qui le fait sourire.
Le siècle n’est pas fini. D’autres guerres passeront, d’autres peines, l’espoir de jouir sans entraves fleuri en mai et fané en juin. L’écriture restera. Siècle que le bâtard traversera donc en poète, un peu content, jamais content, cherchant pour toujours la note juste jusqu’au for du désastre. Sachant que chaque mot gagné sur le deuil l’arrachera du monde en chantant.

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