Salon du livre 2012 : Résultats de « la grande dictée »

Cette traditionnelle animation de notre salon a eu lieu samedi 8 décembre, sous la baguette de Marie-Jo Guillomot.

Un beau texte de Jean Giono, L’automne, servait de prétexte à cette épreuve d’apparence anodine mais renfermant en vérité de nombreux pièges orthographiques ou grammaticaux. La langue française est belle mais sait se faire mériter!

Les Lauréats sont :

 1er Brigitte CHAILLOUX,

 2ème Mario DEGUIO,

 3ème Antoinette BILLET.

DICTEE SALON DU LIVRE de MENNECY

L’AUTOMNE

Je suppose que vous savez où l’automne commence?…

C’est instantané. Ce matin, comme vous ouvrez l’oeil, vous voyez mon frêne qui s’est planté une aigrette de plumes de perroquet jaune d’or sur le crâne. Le temps de vous occuper du café et il ne s’agit déjà plus d’aigrette, mais de tout un casque fait de plumes les plus rares : des roses, des grises, des rouille. Puis, ce sont des buffleteries, des fourragères, des épaulettes, des devantiers, des cuirasses qu’il se pend et qu’il se plaque partout ; et tout ça est fait de ce que le monde a de plus rutilant de plus vermeil, enfin, le voilà dans ses armures et fanfreluches complètes de prêtre-guerrier…….

Puis ce sont des jupons d’évêques, des étoles couvertes de blasons et de rois de cartes. Les mélèzes se couvrent de capuchons et de limousines en peaux de marmottes, les érables se feutrent de housseaux rouges, enfilent des pantalons de zouaves, s’enveloppent de capes de bourreaux, se coiffent du béret des Borgia. Le temps de les voir faire et déjà les prairies à chamois bleuissent de colchiques….

Quand en se retournant, vous arrivez du col La Croix, c’est d’abord pour vous trouver en face du premier coucher de soleil de la saison : du bariolage barbare des murs ; puis vous voyez en bas cette conque d’herbe qui n’était que de foin lorsque vous êtes passé, il y a deux ou trois jours, devenue maintenant cratère de bronze autour duquel montent la garde des Indiens, des Aztèques, les pétrisseurs de sang, les batteurs d’or, les mineurs d’ocre, les papes, les cardinaux, les évêques, les chevaliers de la forêt….

S’entremêlent les feuillages d’automne, des frênes, des hêtres, des érables, des amélanchiers, des ormes, des rouvres, des bouleaux, des trembles, des sycomores, des mélèzes, et des sapins dont le vert-noir exalte toutes les autres couleurs…….

Tels sont les sujets de méditation proposés par les fresques du monastère des montagnes. Les arbres font bruire inlassablement dans l’ombre, des petites crécelles de bois sec.

Jean Giono

Un Roi sans divertissement – 1947

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